Cinq hommes condamnés dans des affaires liées aux manifestations de janvier 2026 ont été exécutés en l’espace d’une semaine. L’ASIP appelle à la suspension immédiate de toutes les exécutions de manifestants et de prisonniers politiques.

Genève, 14 octobre 2026 – L’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) condamne l’exécution d’Ali Hemmati Sistanian, Alireza Raisi, Alireza Sepahi, Majid Nikandish et Siavash Jamshidi Kheirabadi, mis à mort en Iran entre le 30 septembre et le 5 octobre 2026 après avoir été condamnés dans des affaires liées aux manifestations nationales de janvier 2026.

Les informations disponibles concernant leurs procédures judiciaires soulèvent de très graves préoccupations.

Des allégations de torture et de mauvais traitements ont été rapportées. Certains des condamnés auraient été privés d’un accès effectif à un avocat pendant les interrogatoires, tandis que des « aveux » obtenus sous la contrainte auraient été diffusés à la télévision puis utilisés dans les procédures judiciaires.

Une justice qui conduit à la mort ne peut tolérer de tels doutes.

Majid Nikandish et Ali Hemmati Sistanian ont été exécutés le 30 septembre à Machhad. Siavash Jamshidi Kheirabadi a été exécuté le 3 octobre à Shahrekord. Alireza Raisi et Alireza Sepahi ont été mis à mort le 5 octobre à Ispahan.

Cinq hommes en moins d’une semaine.

Derrière cette succession rapide d’exécutions existent cinq familles auxquelles aucune décision judiciaire ne pourra désormais rendre un fils, un frère, un père ou un proche.

L’ASIP est particulièrement préoccupée par le lien entre ces condamnations et les manifestations qui ont secoué l’Iran en janvier 2026.

Le recours à la peine capitale contre des personnes arrêtées dans le contexte de manifestations risque de transformer un instrument pénal déjà irréversible en moyen d’intimidation politique.

Les informations documentées au cours de l’année montrent qu’il ne s’agit pas de cas isolés.

Au moins 34 personnes auraient désormais été exécutées en lien avec le mouvement de protestation de janvier 2026.

D’autres personnes condamnées à mort restent exposées à un risque imminent d’exécution.

Cette évolution doit conduire à une réaction internationale urgente.

Le droit de manifester pacifiquement, de critiquer les autorités et de réclamer des changements politiques ne peut être assimilé à un crime passible de mort.

Même lorsqu’une personne est accusée d’actes de violence, elle conserve le droit à un procès indépendant, public et équitable.

Toute accusation doit être établie par des preuves obtenues légalement.

Les allégations de torture doivent être examinées avant le procès et par une autorité indépendante.

Une déclaration obtenue sous la torture ou la contrainte ne doit jamais servir à condamner une personne.

Cette exigence devient absolue lorsqu’une condamnation peut conduire à une exécution.

L’ASIP appelle les autorités iraniennes à suspendre immédiatement toutes les exécutions liées aux manifestations et à commuer les condamnations à mort déjà prononcées.

Nous demandons également qu’un nouvel examen indépendant soit accordé à toute personne condamnée à mort à l’issue d’une procédure comportant des allégations crédibles de torture, d’aveux forcés ou de privation d’un accès effectif à un avocat.

Les familles doivent être informées du sort de leurs proches et de toute décision concernant leur exécution.

Les avocats doivent pouvoir exercer leur profession sans intimidation et avoir accès aux dossiers de leurs clients.

L’ASIP appelle en outre la communauté internationale, et particulièrement les États membres des Nations Unies, à intensifier leurs démarches diplomatiques pour empêcher de nouvelles exécutions.

Les mécanismes internationaux de documentation et de responsabilité doivent disposer des ressources nécessaires pour préserver les preuves concernant les violations graves commises pendant et après les manifestations.

Nous sommes également préoccupés par l’impact disproportionné de la peine capitale sur certaines communautés marginalisées en Iran.

Les Kurdes, les Baloutches, les Arabes ahwazis et d’autres minorités apparaissent régulièrement parmi les personnes exécutées ou condamnées à mort, ce qui rend indispensable une documentation désagrégée et indépendante permettant d’évaluer l’existence d’éventuelles discriminations structurelles.

La justice ne doit jamais devenir un moyen de répandre la peur.

Lorsqu’un gouvernement exécute rapidement des personnes arrêtées dans le contexte d’un mouvement de protestation, chaque nouvelle condamnation à mort envoie un message non seulement au prisonnier, mais à l’ensemble de la société.

Ce message ne devrait jamais être : se taire ou mourir.

L’ASIP renouvelle son appel à un moratoire immédiat sur les exécutions en Iran, première étape vers l’abolition de la peine de mort.

Chaque exécution est définitive.

Chaque possibilité de l’empêcher disparaît au moment où la sentence est mise à exécution.

Il est encore temps de sauver les personnes qui restent dans les couloirs de la mort.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse