Après une nouvelle série d’exécutions, l’ASIP demande une action diplomatique immédiate afin d’empêcher l’exécution d’autres manifestants, dissidents et prisonniers condamnés à mort à l’issue de procédures contestées.

Genève, 15 octobre 2026 – L’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) appelle la République islamique d’Iran à suspendre immédiatement toutes les exécutions de personnes condamnées dans le contexte des manifestations et demande à la communauté internationale d’agir avant que de nouvelles condamnations à mort ne soient mises à exécution.

Cet appel intervient après l’exécution de cinq hommes en l’espace d’une semaine entre le 30 septembre et le 5 octobre 2026.

Ces décès ne doivent pas être considérés comme la fin de cinq dossiers individuels.

Ils constituent un avertissement concernant le sort des personnes qui restent aujourd’hui sous le coup d’une condamnation à mort.

Depuis plusieurs mois, les organisations de défense des droits humains documentent un recours croissant à la peine capitale contre des personnes arrêtées pour leur participation réelle ou présumée à des manifestations, pour des activités politiques ou sur la base d’accusations formulées en termes très larges concernant la sécurité nationale.

Des jeunes figurent parmi les personnes exécutées.

Des exécutions publiques ont également été signalées.

Dans plusieurs affaires, les procédures judiciaires se sont déroulées dans des délais extrêmement courts, alors même que les accusés risquaient la sanction la plus grave et la plus irréversible.

L’ASIP rappelle qu’aucune situation politique, aucun conflit extérieur et aucune considération de sécurité nationale ne peuvent justifier la torture.

De même, les autorités ne peuvent invoquer une situation d’urgence pour priver une personne de son droit à une défense effective.

Lorsque des accusations sont fondées sur des aveux obtenus pendant une période de détention au secret, sans avocat ou sous la contrainte, la crédibilité de toute la procédure judiciaire est compromise.

Le risque est aujourd’hui concret.

Chaque jour supplémentaire peut signifier qu’une nouvelle famille reçoit la nouvelle qu’elle redoutait.

Dans certains cas, les proches des condamnés ne savent pas si une dernière visite leur sera accordée.

Ils peuvent vivre pendant des semaines dans l’incertitude, craignant qu’un transfert de prison ou une interruption des communications annonce une exécution imminente.

Cette souffrance ne doit pas être ignorée.

L’ASIP demande aux autorités iraniennes :

  • de suspendre immédiatement toutes les exécutions prévues ;
  • de commuer les condamnations à mort prononcées contre des manifestants et des personnes poursuivies pour des activités politiques pacifiques ;
  • de réexaminer les condamnations entachées d’allégations de torture ou d’aveux forcés ;
  • de garantir à tous les détenus un accès confidentiel et effectif à un avocat indépendant ;
  • d’informer les familles de la situation et du lieu de détention de leurs proches ;
  • de permettre des visites familiales et l’accès aux soins médicaux ;
  • de publier des informations précises sur les personnes actuellement condamnées à mort ;
  • et d’instaurer un moratoire officiel sur les exécutions en vue de l’abolition de la peine capitale.

Nous appelons parallèlement les États membres des Nations Unies à utiliser tous les moyens diplomatiques disponibles pour demander la suspension des exécutions.

Une attention particulière devrait être accordée aux personnes condamnées alors qu’elles étaient mineures au moment des faits allégués, ainsi qu’aux personnes appartenant à des minorités ethniques ou religieuses susceptibles de subir des discriminations cumulatives dans le système judiciaire.

L’ASIP demande également que les mécanismes indépendants des Nations Unies puissent continuer à documenter les dossiers individuels, conserver les éléments de preuve et établir les responsabilités lorsque des violations graves sont commises.

Il ne suffit pas de condamner une exécution après qu’elle a eu lieu.

Une action en faveur du droit à la vie n’a de sens que si elle intervient avant que la sentence ne devienne irréversible.

Les cinq exécutions récentes démontrent l’urgence.

D’autres vies sont encore en jeu.

C’est maintenant qu’il faut agir.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse