À l’occasion de la Journée internationale de la paix, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) souhaite adresser un message simple : la paix n’est pas seulement une décision prise par des gouvernements. Elle se construit aussi dans la manière dont une société traite ses citoyens, ses minorités, ses victimes, ses voisins et les générations qui viendront après nous.
Le thème choisi par les Nations Unies pour 2026 — « Investir dans la paix : pour tous, partout, chaque jour » — donne à cette journée une signification particulière.
Investir dans la paix signifie évidemment prévenir les guerres et privilégier la diplomatie.
Mais cela signifie aussi investir dans l’éducation plutôt que dans la haine, dans la justice plutôt que dans la vengeance, dans le dialogue plutôt que dans la déshumanisation.
Cela signifie construire des institutions auxquelles les citoyens peuvent faire confiance.
Cela signifie également protéger ceux qui, souvent loin des grandes conférences internationales, font quotidiennement vivre la paix : les enseignants, les bénévoles, les défenseurs des droits humains, les journalistes, les femmes engagées dans leur communauté, les jeunes, les artistes et les organisations de la société civile.
L’année écoulée nous rappelle combien cet engagement demeure nécessaire.
Au Moyen-Orient, plusieurs populations continuent de vivre avec les conséquences des conflits, de la répression et de l’instabilité politique.
En Syrie, la transition a créé des espoirs importants mais également de profondes inquiétudes.
Les violences ayant touché différentes communautés ont montré que la fin d’un ancien système politique ne suffit pas, à elle seule, à créer la paix.
Les Druzes, les Alaouites, les Kurdes, les chrétiens, les Yézidis, les Arabes et toutes les autres composantes de la société doivent savoir qu’elles ont une place égale dans l’avenir du pays.
La paix syrienne sera durable lorsque personne ne craindra d’être puni pour son identité et lorsque la responsabilité d’un crime sera individuelle, jamais collective.
En Iran, la multiplication des exécutions, les arrestations, les restrictions des libertés publiques et les situations touchant des défenseurs des droits humains, des artistes ou des membres des minorités continuent de susciter de graves préoccupations.
La sécurité d’un État ne peut être durable lorsqu’elle repose sur la peur de ses propres citoyens.
À Gaza, malgré l’annonce d’un cessez-le-feu en octobre 2025, des civils continuent de perdre la vie.
En août et septembre 2026 encore, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme faisait état de nouvelles victimes civiles, parmi lesquelles des enfants.
Cette réalité montre combien un cessez-le-feu, aussi indispensable soit-il, ne constitue que le commencement de la paix.
La paix exige également la sécurité, la nourriture, des soins, un logement, la possibilité de reconstruire sa maison et la certitude que ses enfants pourront grandir sans vivre dans la peur d’une prochaine attaque.
Elle exige aussi justice et responsabilité pour les violations commises par toutes les parties.
Les civils israéliens ont eux aussi droit à la sécurité. Les crimes commis contre eux ne doivent jamais être minimisés, et aucun objectif politique ne peut justifier des attaques délibérées contre des civils ou la prise d’otages.
Reconnaître la souffrance d’un peuple n’oblige jamais à nier celle d’un autre.
C’est précisément cette capacité à défendre la dignité humaine de manière universelle qui distingue une véritable culture de paix de la solidarité sélective.
Pour l’ASIP, investir dans la paix signifie donc investir dans les droits humains.
Cela signifie lutter contre le racisme, la discrimination et les discours qui présentent certaines populations comme moins humaines ou moins dignes de protection.
Cela signifie garantir les droits des minorités, protéger les langues et les cultures, assurer une véritable participation politique et combattre les inégalités qui peuvent nourrir durablement les conflits.
Cela signifie enfin écouter les victimes.
Les familles des disparus ont besoin de vérité.
Les personnes déplacées ont besoin de pouvoir rentrer chez elles en sécurité.
Les survivants de la torture ont besoin de justice.
Les enfants nés pendant les guerres ont besoin d’une perspective autre que celle d’hériter des conflits de leurs parents.
À Genève, où tant de négociations de paix et de mécanismes internationaux de protection des droits humains trouvent leur place, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix renouvelle aujourd’hui son engagement.
Nous continuerons à défendre le dialogue lorsque la confrontation semble plus facile.
Nous continuerons à rappeler la valeur de la justice lorsqu’on demande aux victimes d’oublier.
Et nous continuerons à défendre l’égale dignité des personnes, quelles que soient leur origine, leur religion, leur langue ou leur appartenance politique.
La paix n’est jamais acquise.
Elle doit être entretenue, protégée et reconstruite chaque jour.
Investir dans la paix, c’est finalement investir dans l’être humain.
Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse
