13 octobre 2026

Un an après l’annonce du cessez-le-feu à Gaza, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) exprime sa profonde préoccupation face à la poursuite des pertes civiles et à l’insécurité dans laquelle vivent encore de nombreuses familles palestiniennes.

Le cessez-le-feu annoncé le 10 octobre 2025 avait fait naître l’espoir qu’après des années de destruction et de souffrances, les populations civiles pourraient enfin commencer à retrouver une vie plus sûre.

Un an plus tard, cet espoir reste fragile.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a indiqué que les attaques n’avaient pas complètement cessé au cours de l’année écoulée.

Selon les données publiées par l’ONU le 12 octobre 2026, plus de 1 400 Palestiniens auraient été tués à Gaza depuis l’annonce du cessez-le-feu, selon le ministère palestinien de la Santé.

Le Haut-Commissariat avait lui-même vérifié 1 076 décès liés au conflit entre l’annonce du cessez-le-feu et la fin du mois de juillet 2026, parmi lesquels 268 enfants et 126 femmes.

Derrière ces statistiques, il faut voir les vies interrompues.

Un enfant qui ne retournera pas à l’école.

Une mère dont la place restera vide dans une famille.

Un père qui ne verra pas grandir ses enfants.

Des proches qui devront continuer à vivre avec l’image d’une attaque et avec la question de savoir si cette mort aurait pu être évitée.

L’ASIP rappelle que le droit international humanitaire continue de s’appliquer pleinement.

Un cessez-le-feu ne suspend pas l’obligation de protéger les civils.

Les attaques dirigées contre des personnes civiles sont interdites. Les opérations militaires doivent respecter les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.

Les civils ne perdent pas leur protection simplement parce qu’ils vivent à proximité d’une zone de déploiement militaire.

L’ASIP est également préoccupée par la persistance des besoins humanitaires.

Des années de conflit ont laissé derrière elles des familles déplacées, des logements détruits, des enfants traumatisés, des personnes amputées et un système de santé soumis à une pression considérable.

À l’approche de l’hiver, l’accès aux médicaments, aux équipements médicaux, aux abris et aux autres biens essentiels doit être garanti rapidement et à une échelle correspondant aux besoins réels de la population.

La reconstruction ne concerne pas seulement les bâtiments.

Il faudra aussi reconstruire des vies.

Il faudra permettre aux enfants de retourner à l’école.

Il faudra soigner les blessés.

Il faudra répondre aux besoins psychologiques d’une population exposée pendant plusieurs années à une violence extrême.

Il faudra permettre aux familles de retrouver les disparus et de faire leur deuil.

Et il faudra établir les responsabilités pour les violations graves commises.

L’ASIP réaffirme en même temps que la protection des civils doit être universelle.

Les attaques délibérées contre des civils israéliens, les prises d’otages et toute autre violation grave commise contre des personnes civiles sont également inacceptables.

Aucune souffrance ne justifie celle infligée à d’autres.

Aucune population civile ne doit devenir l’instrument d’une stratégie militaire ou politique.

L’ASIP appelle toutes les parties à respecter intégralement leurs obligations internationales et à transformer le cessez-le-feu en un processus véritablement capable de conduire à une paix durable.

Nous appelons également la communauté internationale à garantir l’accès à l’aide humanitaire et à soutenir les mécanismes indépendants chargés d’établir les responsabilités.

La cessation des tirs est indispensable.

Mais elle n’est pas encore la paix.

La paix commencera véritablement lorsque les familles pourront se coucher le soir sans se demander si elles seront encore en vie au matin.

Elle commencera lorsque chaque enfant, palestinien ou israélien, pourra envisager son avenir sans apprendre à considérer l’autre comme un ennemi.

Après tant de morts, la responsabilité collective doit être de faire en sorte que cette génération soit la dernière à connaître une telle violence.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse