8 mars 2026
À l’occasion de la Journée internationale des femmes, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) rend hommage aux femmes qui, partout dans le monde, défendent leurs droits, soutiennent leurs communautés et contribuent à construire des sociétés plus justes et plus pacifiques.
Le thème retenu par les Nations Unies pour 2026, « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles », rappelle que l’égalité ne peut rester une promesse inscrite dans les textes. Elle doit pouvoir être vécue dans la famille, à l’école, dans le monde du travail, devant les tribunaux, dans les institutions publiques et dans les processus de décision politique.
En 2026, les femmes ne disposent encore, à l’échelle mondiale, que d’environ 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes. Dans de nombreux pays, les lois elles-mêmes continuent de créer ou de maintenir des inégalités concernant la famille, la propriété, le travail, la mobilité, la nationalité ou l’accès à la justice.
Mais les obstacles ne sont pas uniquement juridiques.
La guerre, la pauvreté, les déplacements forcés, la discrimination ethnique ou religieuse et la répression politique renforcent les vulnérabilités déjà subies par les femmes.
Au Moyen-Orient, cette réalité demeure particulièrement visible.
En Iran, les femmes et les filles continuent de subir de nombreuses restrictions dans l’exercice de leurs libertés fondamentales. Les défenseuses des droits humains, les journalistes, les avocates, les militantes et les femmes qui contestent les politiques discriminatoires peuvent être exposées aux poursuites, à l’intimidation ou à la détention.
Les femmes appartenant aux minorités kurde, baloutche, arabe et à d’autres communautés peuvent être confrontées simultanément aux discriminations liées au genre, à leur origine, à leur situation économique ou à leurs activités civiques.
En Syrie, les femmes ont joué un rôle essentiel pendant les années de guerre : elles ont documenté les violations, soutenu les personnes déplacées, recherché les disparus, fourni une assistance humanitaire et maintenu la cohésion de nombreuses communautés.
Aujourd’hui, leur participation à la transition politique doit être à la hauteur de cette contribution.
La reconstruction de la Syrie ne peut être décidée presque exclusivement par des hommes.
Les femmes doivent pouvoir contribuer à l’élaboration des nouvelles lois, aux institutions de transition, aux mécanismes de justice, aux initiatives de réconciliation et aux décisions concernant l’avenir de leurs communautés.
Cette exigence vaut particulièrement pour les femmes issues des minorités et des régions affectées par les violences.
Les femmes druzes de Soueïda, les femmes alaouites des régions côtières, les femmes kurdes du nord-est, les femmes yézidies et les femmes appartenant à d’autres communautés doivent pouvoir participer directement aux décisions qui concernent leur sécurité, leurs droits et leur avenir.
Il faut également prendre au sérieux les violences sexuelles et fondées sur le genre commises dans les conflits et les périodes de transition.
Ces crimes ne doivent ni être relativisés, ni dissimulés au nom de la réputation des familles ou des communautés.
Les survivantes doivent avoir accès à des soins, à une assistance juridique, à une protection contre les représailles et à des mécanismes judiciaires capables d’établir les responsabilités.
Pour l’ASIP, défendre les droits des femmes ne signifie pas seulement lutter contre certaines formes visibles de violence.
Cela signifie également garantir l’accès à l’éducation, au travail, à la propriété, à la justice et à la participation politique ; éliminer les lois discriminatoires ; reconnaître l’autonomie des femmes ; protéger les défenseuses des droits humains ; et permettre à toutes les femmes de participer pleinement à la vie sociale, économique et politique.
Aucune paix ne peut être durable lorsqu’une moitié de la société reste marginalisée.
Aucune transition politique ne peut être véritablement démocratique lorsque les femmes sont absentes des lieux où les décisions sont prises.
Et aucune justice ne peut être considérée comme complète lorsqu’elle ignore les expériences spécifiques des femmes et des filles.
En cette Journée internationale des femmes, l’ASIP appelle les gouvernements, les institutions internationales et les acteurs de la société civile à passer des engagements aux actes.
Les femmes ne demandent pas une place symbolique.
Elles demandent l’égalité.
Elles demandent la justice.
Elles demandent de pouvoir participer pleinement aux décisions concernant leur propre vie et l’avenir de leurs sociétés.
Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse
