23 janvier 2026

L’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) salue la tenue, le 23 janvier 2026 à Genève, de la 39e session spéciale du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies consacrée à la détérioration de la situation des droits humains en République islamique d’Iran et, en particulier, à la répression des manifestations nationales commencées le 28 décembre 2025.

La convocation d’une session spéciale du Conseil constitue une mesure exceptionnelle et reflète la gravité des préoccupations suscitées par les événements récents.

Au cours des dernières semaines, des informations alarmantes ont fait état de morts, de nombreux blessés, d’arrestations massives, de disparitions, de mauvais traitements et de poursuites judiciaires contre des personnes ayant participé aux manifestations.

La situation exige une réponse internationale fondée sur les faits, le droit international et la protection des victimes.

L’ASIP estime indispensable que toutes les allégations de violations graves fassent l’objet d’une documentation indépendante et rigoureuse.

La justice ne peut être fondée sur des informations non vérifiées, mais elle ne peut pas non plus être empêchée par l’absence de transparence, les restrictions à l’accès à l’information ou l’impossibilité pour les mécanismes internationaux d’accéder librement au territoire.

Le Conseil des droits de l’homme a adopté, par 25 voix pour, 7 contre et 14 abstentions, une résolution portant précisément sur la situation des droits humains en Iran dans le contexte de la répression des manifestations commencées le 28 décembre 2025.

L’ASIP salue le maintien de l’attention internationale portée à cette situation.

Nous rappelons toutefois que l’objectif des mécanismes internationaux ne doit pas être la confrontation politique avec un État, mais la protection des personnes dont les droits fondamentaux risquent d’être violés.

Les victimes et leurs familles doivent demeurer au centre de toute action internationale.

Les événements récents renforcent plusieurs préoccupations déjà anciennes en Iran : le manque d’indépendance du système judiciaire, l’usage de la peine de mort, les restrictions imposées aux libertés publiques, les pressions exercées contre les avocats et les défenseurs des droits humains ainsi que les discriminations affectant certaines minorités ethniques et religieuses.

L’ASIP demande particulièrement que toute personne détenue bénéficie des garanties fondamentales du droit à un procès équitable.

Aucune condamnation ne doit être fondée sur des aveux obtenus sous la torture ou la contrainte.

Les personnes poursuivies doivent connaître précisément les accusations retenues contre elles, disposer du temps et des moyens nécessaires à leur défense et pouvoir consulter librement un avocat indépendant.

Les procès susceptibles d’aboutir à une condamnation à mort nécessitent des garanties encore plus strictes en raison du caractère irréversible de la peine.

L’ASIP appelle les autorités iraniennes à coopérer pleinement avec la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits humains en Iran ainsi qu’avec la Mission internationale indépendante d’établissement des faits.

Nous appelons également à permettre un accès indépendant aux personnes détenues et aux familles des victimes.

Les autorités doivent publier des informations transparentes sur le nombre de morts, de blessés et de personnes arrêtées dans le contexte des manifestations.

La situation des enfants et des jeunes détenus doit faire l’objet d’une attention particulière.

De même, les violations commises dans les régions kurdes, baloutches, arabes et autres régions habitées par des minorités doivent être documentées de manière précise afin d’identifier toute éventuelle dimension discriminatoire dans l’utilisation de la force ou dans les poursuites judiciaires.

L’ASIP appelle parallèlement tous les acteurs politiques, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, à éviter les appels à la haine, aux représailles ou à une confrontation armée susceptible d’exposer davantage la population civile.

La protection des droits humains ne doit pas servir de prétexte à une nouvelle guerre.

Les Iraniens doivent pouvoir décider pacifiquement de leur avenir et exercer leurs droits sans craindre l’arrestation, la violence ou l’exécution.

L’Association Solidarité Internationale pour la Paix réaffirme son soutien à tous les mécanismes indépendants permettant d’établir la vérité, de préserver les preuves et de lutter contre l’impunité.

Il ne peut y avoir de paix durable sans justice.

Mais il ne peut pas non plus y avoir de véritable justice sans vérité, impartialité et respect des droits fondamentaux de chacun.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse