L’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) exprime sa profonde inquiétude face à la répression des manifestations qui ont débuté en Iran le 28 décembre 2025 et se sont rapidement étendues à différentes régions du pays.

Selon les informations communiquées aux mécanismes des Nations Unies, les manifestations ont commencé au Grand Bazar de Téhéran dans un contexte de grave crise économique, marqué notamment par l’inflation, l’effondrement de la monnaie nationale et la détérioration des conditions de vie. Le mouvement s’est ensuite étendu à de nombreuses villes et provinces.

Ce qui avait commencé par des revendications économiques a progressivement donné lieu à des demandes politiques plus larges et à l’expression d’un mécontentement profond à l’égard des autorités et du fonctionnement des institutions.

L’ASIP reconnaît que les autorités ont la responsabilité de maintenir l’ordre public et de protéger la population contre les actes de violence. Cependant, toute opération de maintien de l’ordre doit respecter les principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité et de responsabilité.

Le recours à la force contre des manifestants pacifiques, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, la torture et les mauvais traitements ne peuvent être justifiés par des considérations de sécurité nationale.

Le 9 janvier 2026, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits humains en Iran a adressé une communication urgente aux autorités iraniennes concernant de graves allégations de violations des droits humains commises dans le contexte de ces manifestations nationales.

L’ASIP est particulièrement préoccupée par les informations faisant état d’arrestations nombreuses, ainsi que par les restrictions imposées aux communications et à l’accès à Internet.

Les coupures ou restrictions d’Internet pendant des périodes de répression rendent plus difficile la documentation indépendante des violations, empêchent les familles d’obtenir des nouvelles de leurs proches et limitent la possibilité pour les victimes de demander de l’aide.

Une attention particulière doit également être accordée aux régions habitées par des minorités ethniques et religieuses.

L’expérience des précédentes vagues de contestation en Iran a montré que les populations kurdes, baloutches et d’autres communautés marginalisées peuvent être particulièrement exposées aux opérations des forces de sécurité, aux arrestations et aux poursuites pour des infractions liées à la sécurité nationale.

L’origine ethnique ou religieuse d’une personne ne doit jamais entraîner une protection moindre de ses droits fondamentaux.

L’ASIP appelle les autorités iraniennes à :

  • respecter le droit de réunion pacifique et la liberté d’expression ;
  • mettre fin à tout recours excessif ou illégal à la force contre les manifestants ;
  • libérer les personnes détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux ;
  • communiquer rapidement aux familles le lieu de détention des personnes arrêtées ;
  • garantir à chaque détenu l’accès à un avocat indépendant de son choix ;
  • prévenir la torture et les mauvais traitements dans tous les lieux de détention ;
  • permettre l’accès aux soins médicaux aux personnes blessées ou détenues ;
  • garantir le libre accès à l’information et rétablir pleinement les moyens de communication ;
  • mener des enquêtes indépendantes sur tous les décès et blessures résultant de l’action des forces de sécurité.

L’ASIP demande également que les personnes arrêtées dans le contexte des manifestations ne soient pas exposées à la peine de mort.

L’utilisation d’accusations passibles de la peine capitale contre des manifestants ou des opposants politiques suscite une inquiétude particulière dans un pays où le recours aux exécutions a déjà atteint des niveaux extrêmement élevés.

La liberté de manifester pacifiquement constitue un droit fondamental.

Exprimer son mécontentement face aux conditions économiques, aux politiques publiques ou aux institutions ne doit pas conduire une personne en prison, à la torture ou à l’échafaud.

L’ASIP appelle enfin la communauté internationale et les mécanismes des Nations Unies à suivre attentivement la situation, à documenter les violations et à soutenir les efforts visant à garantir la responsabilité des auteurs de violations graves.

La stabilité ne peut être obtenue durablement par la peur.

Elle repose sur le respect des droits, la participation de la population et la possibilité de résoudre pacifiquement les différends entre les citoyens et les institutions.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse