L’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) exprime sa profonde préoccupation concernant l’arrestation, la détention et la disparition forcée présumée du musicien folklorique kurde Amir Sobhani en République islamique d’Iran.

Selon les informations transmises aux procédures spéciales des Nations Unies, Amir Sobhani a été arrêté le 18 mai 2026. Son cas a conduit plusieurs experts à intervenir auprès des autorités iraniennes le 17 juillet 2026.

Au-delà de la situation individuelle de cet artiste, cette affaire soulève une question essentielle : celle de la liberté des personnes de créer, de chanter, de transmettre une langue et de faire vivre une culture sans craindre pour leur liberté.

La musique n’est pas un crime.

Une chanson dans une langue minoritaire n’est pas une menace.

Préserver les traditions d’une communauté ne constitue pas une atteinte à la sécurité d’un pays.

La culture représente l’une des formes les plus profondes par lesquelles les personnes transmettent leur mémoire, leur histoire et leur identité aux générations suivantes.

Pour les communautés ayant connu des politiques d’assimilation ou des restrictions linguistiques, les artistes jouent souvent un rôle essentiel dans la préservation de cette mémoire collective.

Les musiciens, écrivains, poètes et enseignants ne sont donc pas seulement des créateurs. Ils peuvent devenir les gardiens d’un patrimoine qui, sans eux, risque progressivement de disparaître.

L’ASIP rappelle que les droits culturels font partie intégrante des droits humains.

Les personnes appartenant à des minorités doivent pouvoir utiliser leur propre langue, participer à la vie culturelle de leur communauté, créer des œuvres artistiques et transmettre leurs traditions.

L’exercice pacifique de ces droits ne devrait jamais conduire à une arrestation arbitraire.

Plus préoccupant encore est le fait qu’une personne détenue puisse être soustraite à la protection de la loi et que sa famille demeure sans information fiable concernant son lieu de détention ou son état.

Lorsqu’une personne disparaît après son arrestation, ce sont également ses proches qui sont plongés dans une forme de souffrance permanente.

Ils attendent une information.

Ils cherchent un lieu de détention.

Ils tentent de savoir si leur proche est blessé, malade ou simplement encore vivant.

Cette incertitude ne devrait jamais devenir une méthode de pression contre une personne détenue ou contre sa famille.

L’ASIP demande aux autorités iraniennes de révéler immédiatement et officiellement le lieu où se trouve Amir Sobhani et de permettre à sa famille et à son avocat de communiquer avec lui.

S’il fait l’objet d’accusations pénales, celles-ci doivent lui être notifiées clairement et il doit bénéficier de toutes les garanties d’un procès équitable.

S’il est détenu uniquement en raison de ses activités artistiques, culturelles ou de l’exercice pacifique de ses droits fondamentaux, il doit être libéré.

Nous demandons également que son intégrité physique et psychologique soit pleinement protégée et qu’il puisse recevoir les soins médicaux nécessaires.

La situation d’Amir Sobhani doit enfin attirer l’attention sur une question plus large : le respect des droits culturels des Kurdes et des autres minorités vivant en Iran.

Un État ne se fragilise pas lorsqu’il permet à ses citoyens de préserver leurs langues et leurs cultures.

Il devient au contraire plus fort lorsqu’aucune communauté n’est contrainte de renoncer à une partie de son identité pour être pleinement reconnue comme citoyenne.

L’ASIP appelle les autorités iraniennes à protéger les artistes, les défenseurs des droits culturels et toutes les personnes qui œuvrent pacifiquement à la préservation des langues et des cultures minoritaires.

Les cultures ne devraient pas avoir besoin de clandestinité pour survivre.

Et aucun artiste ne devrait disparaître pour avoir fait vivre celle de son peuple.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse