20 juin 2026
Un réfugié n’abandonne généralement pas sa maison parce qu’il a cessé de l’aimer.
Il part parce qu’y rester est devenu plus dangereux que tout quitter.
À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) rend hommage aux millions de femmes, d’hommes et d’enfants qui ont été contraints de fuir la guerre, la persécution, la violence ou de graves violations des droits humains.
La Journée mondiale des réfugiés 2026 intervient soixante-quinze ans après l’adoption de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la communauté internationale avait compris une leçon fondamentale : lorsqu’une personne ne peut plus obtenir la protection de son propre pays, elle doit pouvoir chercher la sécurité ailleurs.
Ce principe demeure aujourd’hui indispensable.
Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, le droit d’asile est de plus en plus contesté.
Des frontières se ferment. Des personnes vulnérables sont refoulées. Des demandeurs d’asile sont décrits comme une menace avant même que leur histoire soit entendue.
Certains passent plusieurs années dans une situation juridique incertaine, sans possibilité réelle de reconstruire leur vie.
Le thème de la Journée mondiale des réfugiés 2026 rappelle justement que le droit de chercher la sécurité constitue une protection qui appartient à tous.
L’ASIP souhaite particulièrement attirer l’attention sur les réfugiés originaires de régions où les conflits, la répression politique et les discriminations contre les minorités se poursuivent.
Des Syriens demeurent déplacés ou réfugiés après plus d’une décennie de guerre.
Même lorsque la situation politique évolue, leur retour ne peut être considéré comme automatiquement sûr.
Un retour digne doit être libre et volontaire.
Une personne ne devrait jamais être renvoyée vers un endroit où elle risque la persécution, la torture, une disparition forcée, une détention arbitraire ou une autre violation grave de ses droits.
Pour les Syriens appartenant à des communautés ayant récemment subi des violences — notamment les Druzes, les Alaouites, les Kurdes et d’autres minorités — l’évaluation de la sécurité doit tenir compte de la situation individuelle et locale.
Les mêmes principes valent pour les ressortissants iraniens qui demandent une protection internationale.
Un défenseur des droits humains, un journaliste, une militante des droits des femmes, un opposant politique, un membre d’une minorité persécutée ou une personne exposée à la peine capitale doit pouvoir présenter sa situation de manière individuelle et bénéficier d’une procédure équitable.
Le principe de non-refoulement constitue ici une garantie fondamentale.
Une personne ne doit pas être renvoyée vers un pays où elle risque la torture, la persécution ou d’autres atteintes graves.
L’ASIP est également préoccupée par l’utilisation croissante d’un langage qui déshumanise les réfugiés et les migrants.
Derrière les statistiques existent des histoires individuelles.
Une mère cherchant une école pour ses enfants.
Un étudiant dont les études ont été interrompues par la guerre.
Un journaliste ayant fui après avoir reçu des menaces.
Un ancien prisonnier politique.
Un enfant qui ne connaît parfois de son pays d’origine que les récits de ses parents.
Accueillir dignement les réfugiés ne signifie pas que les États doivent renoncer à gérer leurs frontières.
Cela signifie que cette gestion doit respecter le droit international, la dignité humaine et les procédures permettant d’identifier ceux qui ont réellement besoin de protection.
La solidarité doit également s’étendre aux pays et aux communautés qui accueillent un nombre important de réfugiés.
Les écoles, les systèmes de santé, les municipalités et les organisations locales ont besoin de ressources.
La responsabilité de protéger les personnes déplacées ne devrait pas reposer uniquement sur les pays situés à proximité des conflits.
Elle doit être partagée.
Les réfugiés doivent aussi pouvoir participer à la société dans laquelle ils vivent.
L’accès à l’éducation, à l’apprentissage des langues, au travail et à la vie sociale contribue à l’autonomie des personnes réfugiées et à la cohésion des communautés d’accueil.
La protection ne doit donc pas simplement signifier survivre.
Elle doit permettre de reconstruire une vie.
En cette Journée mondiale des réfugiés, l’ASIP appelle les États à défendre le droit d’asile, à respecter strictement le principe de non-refoulement et à examiner chaque demande de protection de manière individuelle, équitable et humaine.
Nous appelons également à renforcer les voies légales de protection, la réunification familiale et les programmes de réinstallation pour les personnes les plus vulnérables.
Personne ne choisit facilement de laisser derrière lui sa maison, ses proches, sa langue et ses souvenirs.
Lorsqu’une personne arrive à notre porte parce qu’elle a perdu la protection de son pays, notre première question ne devrait pas être : « Pourquoi êtes-vous venu ? »
Nous devrions commencer par comprendre ce qui l’a obligé à partir.
Tant que chaque personne contrainte de fuir ne pourra pas trouver la sécurité, notre responsabilité collective restera inachevée.
Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse
