L’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) est profondément préoccupée par les informations faisant état de graves violences commises contre des femmes, des filles et d’autres civils dans le nord d’Alep et dans le nord-est de la Syrie.

Les informations transmises aux procédures spéciales des Nations Unies évoquent des cas présumés de meurtres, d’enlèvements, de violences sexuelles, de torture, de mauvais traitements et de déplacements forcés.

Des civils auraient également été privés de nourriture et d’accès aux soins médicaux, tandis que des attaques contre des personnes et des infrastructures civiles ont été signalées.

Ces allégations sont particulièrement graves dans un pays qui tente de sortir de plus d’une décennie de guerre.

La transition politique syrienne ne peut être jugée uniquement à travers les accords conclus entre responsables politiques ou militaires.

Elle doit être évaluée à travers une question beaucoup plus simple : les habitants sont-ils réellement plus en sécurité ?

Pour une femme craignant d’être enlevée, pour une famille contrainte de quitter son village ou pour un enfant privé de soins médicaux, les changements institutionnels ont peu de sens si la violence continue de déterminer leur quotidien.

Les femmes et les filles sont souvent parmi les premières victimes lorsque les structures de sécurité s’effondrent.

Les violences sexuelles utilisées dans un contexte de conflit ne constituent pas des dommages secondaires de la guerre. Elles peuvent constituer des violations graves du droit international et doivent être documentées, poursuivies et sanctionnées.

Les survivantes doivent pouvoir signaler les violences sans risquer d’être stigmatisées, menacées ou rejetées par leur propre communauté.

Elles doivent avoir accès à des soins médicaux, à un soutien psychologique, à une assistance juridique et à des mécanismes de protection adaptés.

L’ASIP est également préoccupée par les déplacements forcés.

Personne ne doit être contraint d’abandonner son foyer en raison de son origine ethnique, de son appartenance religieuse, de son sexe ou de son affiliation politique supposée.

Aucune modification démographique imposée par la violence ne peut constituer le fondement d’une paix durable.

Dans les régions du nord et du nord-est syrien vivent des populations kurdes, arabes, assyriennes, syriaques, arméniennes, yézidies et d’autres communautés.

Leur sécurité ne doit pas dépendre du groupe armé ou de l’autorité qui contrôle temporairement leur territoire.

Les mêmes règles doivent s’appliquer à tous.

Les civils doivent être protégés.

Les personnes détenues doivent être traitées humainement.

Les blessés doivent recevoir des soins.

Les femmes doivent être protégées contre les violences sexuelles et fondées sur le genre.

Les familles déplacées doivent pouvoir rentrer volontairement chez elles lorsque les conditions de sécurité le permettent.

Et ceux qui commettent des violations graves doivent rendre des comptes individuellement.

L’ASIP appelle toutes les forces présentes dans ces régions à respecter strictement le droit international humanitaire et les droits humains.

Nous demandons aux autorités syriennes d’enquêter sur toutes les allégations de meurtre, d’enlèvement, de disparition, de torture et de violence sexuelle, y compris lorsque les auteurs présumés appartiennent à des forces alliées ou à des groupes agissant avec leur soutien.

Une enquête crédible ne peut pas sélectionner les crimes en fonction de l’identité de leurs auteurs ou de leurs victimes.

Nous appelons également les Nations Unies et les organisations internationales compétentes à maintenir leur présence, leur surveillance et leur soutien aux victimes.

La Syrie a besoin de sécurité.

Mais la sécurité ne peut être obtenue en sacrifiant les droits fondamentaux.

Elle se construit lorsque chaque communauté sait que sa vie, sa dignité et ses droits seront protégés de la même manière que ceux des autres.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse