21 mars 2026
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) appelle à renforcer la lutte contre le racisme, la discrimination fondée sur l’origine ethnique ou nationale, la xénophobie et les discours de haine visant les minorités.
Soixante-six ans après le massacre de Sharpeville, au cours duquel 69 personnes participant à une manifestation pacifique contre l’apartheid furent tuées par la police sud-africaine le 21 mars 1960, la lutte contre le racisme reste malheureusement d’une profonde actualité.
Les formes de discrimination ont évolué, mais elles n’ont pas disparu.
Elles peuvent se manifester dans les lois, dans les institutions, dans l’accès à l’emploi ou au logement, dans les pratiques policières, dans l’éducation, dans les médias ou dans les discours politiques.
Elles peuvent également prendre des formes plus insidieuses : nier l’existence d’une communauté, présenter sa langue comme inférieure, considérer ses traditions comme une menace, exclure systématiquement ses représentants des institutions ou assimiler toute revendication de droits à une menace contre l’État.
Au Moyen-Orient, plusieurs communautés continuent de vivre avec les conséquences de telles politiques.
Les Kurdes sont répartis principalement entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Selon les pays et les périodes, ils ont connu différentes politiques d’assimilation, de restrictions linguistiques, d’exclusion politique ou de répression.
Les Baloutches, notamment en Iran, connaissent également une marginalisation socio-économique importante et sont fortement représentés parmi les personnes faisant l’objet de certaines sanctions pénales, notamment la peine capitale.
Les Arabes ahwazis, les Yézidis, les Assyriens, les Arméniens, les Druzes et diverses autres communautés ethniques ou religieuses sont confrontés, dans des contextes très différents, à des préoccupations concernant leur identité, leur sécurité, leur représentation ou leurs droits culturels.
Ces réalités ne doivent cependant pas être utilisées pour dresser les communautés les unes contre les autres.
La lutte contre la discrimination ne consiste pas à établir une hiérarchie entre les souffrances.
Elle consiste à affirmer un principe simple : aucun être humain ne doit avoir moins de droits en raison de son origine, de sa couleur, de sa langue, de son appartenance nationale ou ethnique.
Une responsabilité particulière incombe aujourd’hui aux responsables politiques et aux acteurs des médias.
Les mots peuvent préparer la paix, mais ils peuvent aussi préparer la violence.
Lorsqu’une population entière est décrite comme dangereuse, étrangère, déloyale ou indésirable, les actes de discrimination et de violence deviennent progressivement plus faciles à accepter.
Les réseaux sociaux ont encore amplifié ce danger. Des contenus haineux, des stéréotypes et de fausses informations peuvent se diffuser en quelques heures et alimenter des tensions déjà existantes entre communautés.
Les États doivent agir contre les appels à la violence et à la haine tout en respectant la liberté d’expression.
Ils doivent surtout s’attaquer aux causes profondes de la discrimination : les inégalités, l’exclusion, la marginalisation territoriale, l’absence de représentation et les politiques qui empêchent certains groupes de jouir pleinement de leurs droits.
L’ASIP rappelle également l’importance des droits linguistiques et culturels.
Pouvoir apprendre sa langue maternelle, la transmettre à ses enfants, publier des livres, créer des médias, célébrer ses traditions et préserver son patrimoine fait partie de la dignité des peuples et des communautés.
La diversité n’est pas un obstacle à la cohésion nationale.
Elle devient un problème uniquement lorsqu’elle est combattue, niée ou instrumentalisée politiquement.
Cette année marque également le vingt-cinquième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, qui demeurent un cadre international majeur pour lutter contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.
L’ASIP appelle donc les États à appliquer concrètement leurs obligations internationales, à revoir les législations et pratiques discriminatoires, à améliorer la représentation des minorités et à garantir l’égalité devant la justice et les services publics.
Nous appelons également les organisations de la société civile à renforcer les échanges entre communautés.
La lutte contre le racisme ne peut être menée uniquement par les personnes qui en sont victimes.
Elle est une responsabilité collective.
Lorsque la dignité d’une communauté est attaquée, c’est le principe même d’égalité qui est remis en cause.
À l’occasion du 21 mars, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix réaffirme que la paix passe nécessairement par la reconnaissance de la diversité humaine.
Nos langues, nos cultures, nos religions et nos identités peuvent être différentes.
Nos droits, eux, doivent être égaux.
Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse
