2 février 2026

L’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) accueille favorablement l’accord annoncé entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes concernant l’intégration pacifique du nord-est de la Syrie et appelle toutes les parties à assurer sa mise en œuvre dans le respect des droits fondamentaux de la population.

Le 30 janvier 2026, le Secrétaire général des Nations Unies a officiellement salué cet accord et appelé les parties à agir rapidement pour garantir son application, en particulier concernant l’intégration pacifique du nord-est syrien, les droits des Kurdes syriens et le retour sûr, digne et volontaire des personnes déplacées.

Après plusieurs semaines marquées par les affrontements, la méfiance et le risque d’une confrontation militaire plus large, cet accord représente une occasion importante d’éviter une nouvelle guerre interne.

Cette occasion ne doit pas être perdue.

L’expérience de la Syrie depuis 2011 montre que les solutions imposées par la force produisent rarement une stabilité durable.

La reconstruction du pays exige au contraire un compromis politique permettant aux différentes composantes de la société de se reconnaître dans les institutions de l’État.

L’ASIP estime que l’intégration des institutions et des forces du nord-est dans les structures nationales ne peut être uniquement une question militaire ou administrative.

Elle doit s’accompagner de garanties politiques et juridiques concernant les populations vivant dans ces régions.

Les droits des Kurdes syriens doivent notamment être pleinement protégés.

Le Secrétaire général des Nations Unies a explicitement souligné cet aspect dans sa déclaration du 30 janvier.

Cette reconnaissance est particulièrement importante au regard de l’histoire récente.

Pendant des décennies, de nombreux Kurdes syriens ont subi des discriminations, la privation de nationalité, des restrictions linguistiques et culturelles et une exclusion politique.

Les mesures adoptées en janvier 2026 concernant la nationalité, la langue et l’identité kurdes constituent donc des avancées qui doivent être consolidées par des institutions et une législation durables.

L’ASIP appelle toutes les parties à respecter scrupuleusement le cessez-le-feu et à résoudre leurs différends par la négociation.

La protection des civils doit rester une priorité absolue.

Les changements de contrôle territorial ou administratif ne doivent entraîner ni déplacements forcés, ni représailles, ni arrestations arbitraires, ni discrimination contre les populations locales.

Une attention particulière doit être accordée aux personnes déplacées.

Leur retour doit être volontaire et s’effectuer dans des conditions garantissant leur sécurité, leur dignité, l’accès au logement et la restitution de leurs biens lorsqu’elle est possible.

L’ASIP considère également que le futur système politique syrien doit permettre une véritable participation des différentes composantes de la population.

Les Kurdes, les Arabes, les Assyriens, les Arméniens, les Yézidis et les autres communautés du nord-est doivent pouvoir participer aux décisions concernant leur région et l’avenir du pays.

La participation des femmes doit également être garantie.

Le processus politique ne doit pas être réduit à une négociation entre responsables militaires.

Les organisations de la société civile, les communautés locales, les défenseurs des droits humains et les représentants des personnes déplacées doivent également pouvoir contribuer à la construction des nouvelles institutions.

L’ASIP appelle le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes à rendre publics les principaux engagements de l’accord et à établir des mécanismes permettant d’en suivre la mise en œuvre.

La communauté internationale et les Nations Unies devraient accompagner ce processus et contribuer à prévenir toute reprise des hostilités.

La Syrie se trouve devant un choix déterminant.

Elle peut continuer à régler ses différends par les armes et reproduire les cycles de violence qui ont détruit le pays pendant plus d’une décennie.

Ou elle peut choisir un nouveau modèle fondé sur le dialogue, la participation, la citoyenneté et la reconnaissance de sa diversité.

L’ASIP appelle toutes les parties à choisir cette deuxième voie.

La paix ne signifie pas seulement déposer les armes.

Elle signifie créer des institutions dans lesquelles toutes les communautés peuvent vivre en sécurité, préserver leur identité et participer librement à leur avenir commun.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse