10 décembre 2025

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) réaffirme son attachement aux principes universels consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme et appelle les États à transformer leurs engagements internationaux en protections concrètes pour les populations.

Le thème choisi par les Nations Unies pour cette journée en 2025, « Les droits humains, nos essentiels au quotidien », rappelle que les droits humains ne sont ni des principes abstraits ni des privilèges accordés par les gouvernements.

Ils accompagnent chaque personne dans sa vie quotidienne.

Pouvoir vivre en sécurité, manger à sa faim, recevoir des soins, parler librement, pratiquer sa religion ou ne pas en avoir, apprendre sa langue, participer à la vie politique, bénéficier d’un procès équitable et vivre sans discrimination sont autant de manifestations concrètes des droits humains.

Pourtant, cette Journée intervient dans un contexte international profondément préoccupant.

Les conflits armés continuent de provoquer des milliers de morts et de blessés parmi les civils. Des millions de personnes ont été déplacées. Dans plusieurs régions du monde, les espaces civiques se réduisent tandis que les défenseurs des droits humains, les journalistes, les avocats et les acteurs de la société civile sont confrontés à la répression.

Au Moyen-Orient, l’année 2025 a été particulièrement difficile.

À Gaza, la population civile a subi les conséquences d’un conflit dévastateur, accompagné de destructions massives, de déplacements et d’une profonde crise humanitaire. Des personnes ont été tuées alors qu’elles tentaient simplement d’accéder à de la nourriture et à l’aide humanitaire.

Les civils israéliens ont également droit à la sécurité et à la protection. Les otages doivent être libérés et toutes les parties doivent respecter le droit international humanitaire.

En Syrie, la transition politique a suscité de nouveaux espoirs, mais elle a également été marquée par de graves violences.

Les massacres et violations commis dans les régions côtières, notamment contre des Alaouites, ainsi que les violences de Soueïda ayant particulièrement touché la communauté druze ont démontré qu’aucun processus de transition ne pourra être durable s’il ne garantit pas la sécurité et les droits de toutes les composantes de la société.

Des préoccupations particulières subsistent concernant les enlèvements, les disparitions, les exécutions extrajudiciaires et les violences visant les femmes appartenant aux minorités.

Les Kurdes, les Druzes, les Alaouites, les chrétiens, les Yézidis et toutes les autres communautés doivent pouvoir participer librement et effectivement à la construction du nouvel ordre politique syrien.

En Iran, l’année 2025 a été marquée par une accélération extrêmement préoccupante du recours à la peine capitale.

Les exécutions ont atteint des niveaux alarmants. Des prisonniers politiques, des personnes condamnées pour des infractions liées aux stupéfiants et des membres des minorités ethniques ont figuré parmi les personnes exécutées ou menacées d’exécution.

Les Kurdes, les Baloutches, les Arabes ahwazis, les bahaïs et d’autres groupes restent confrontés à différentes formes de discrimination ou de répression.

Les restrictions imposées à la liberté d’expression, les détentions arbitraires, les allégations de torture et les pressions exercées contre les défenseurs des droits humains et les avocats demeurent également préoccupantes.

Ces situations différentes ont un point commun.

Lorsque les droits fondamentaux sont considérés comme secondaires face à la sécurité, à la politique ou aux intérêts du pouvoir, ce sont généralement les personnes les plus vulnérables qui en paient le prix en premier.

L’ASIP rappelle que les droits civils et politiques sont indissociables des droits économiques, sociaux et culturels.

Une personne privée de nourriture, de logement, d’éducation ou de soins ne peut pleinement exercer sa liberté.

De même, le développement économique ne peut justifier la privation de liberté, la discrimination ou la répression.

Tous les droits humains sont universels, indivisibles et interdépendants.

Une attention particulière doit être accordée aux minorités.

La diversité ethnique, religieuse, linguistique et culturelle ne doit pas être perçue comme une menace pour les États.

Au contraire, les sociétés capables de protéger cette diversité et de garantir la participation de toutes leurs composantes sont généralement plus fortes et plus résilientes.

L’ASIP appelle les États à :

  • respecter pleinement leurs obligations internationales relatives aux droits humains ;
  • protéger les populations civiles dans toutes les situations de conflit ;
  • mettre fin aux exécutions extrajudiciaires, à la torture, aux disparitions forcées et aux détentions arbitraires ;
  • garantir l’indépendance de la justice et le droit à une défense effective ;
  • protéger les défenseurs des droits humains, les avocats et les journalistes ;
  • combattre la discrimination et les discours de haine visant les minorités ;
  • garantir les droits culturels et linguistiques et la liberté de religion ou de conviction ;
  • assurer la participation effective des femmes, des jeunes et des minorités aux décisions politiques ;
  • privilégier la diplomatie, le dialogue et la prévention plutôt que la confrontation et la violence.

La communauté internationale doit également défendre avec davantage de cohérence les principes qu’elle affirme.

Les droits humains perdent leur crédibilité lorsqu’ils sont appliqués sélectivement selon les pays, les alliances ou les intérêts géopolitiques.

Une victime reste une victime, quelle que soit sa nationalité, son origine, sa religion ou son opinion politique.

À Genève, ville où se trouvent certaines des principales institutions internationales chargées de défendre la dignité humaine, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix renouvelle son engagement à promouvoir les droits humains, la non-violence, la justice et la solidarité entre les peuples.

Plus de soixante-dix-sept ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, son message reste d’une actualité essentielle :

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Notre responsabilité collective est de faire en sorte que cette promesse ne demeure pas seulement écrite dans les textes internationaux, mais qu’elle devienne une réalité dans la vie quotidienne de chaque personne.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse