3 décembre 2025
L’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) exprime sa profonde préoccupation concernant la situation de Goli Kouhkan, une jeune femme baloutche menacée d’exécution en République islamique d’Iran, et appelle les autorités iraniennes à suspendre immédiatement l’application de sa condamnation à mort.
Selon les informations portées à l’attention des mécanismes des Nations Unies, Goli Kouhkan, âgée de 25 ans et appartenant à la communauté baloutche, risque d’être exécutée en décembre 2025 en application du principe de qisas, à moins qu’une somme considérable réclamée au titre du « prix du sang » puisse être versée.
Cette situation soulève de graves préoccupations concernant le droit à la vie, l’accès égal à la justice, la pauvreté, la discrimination et la particulière vulnérabilité des femmes appartenant à des communautés marginalisées.
Une condamnation à mort ne devrait jamais dépendre de la capacité financière d’une personne ou de sa famille.
Lorsque la possibilité d’échapper à l’exécution dépend du paiement d’une somme inaccessible à une personne vivant dans la pauvreté, une profonde inégalité apparaît devant la peine la plus irréversible qui puisse être imposée par un État.
La situation de Goli Kouhkan doit également être examinée dans le contexte plus général de l’utilisation extrêmement élevée de la peine de mort en Iran.
Tout au long de l’année 2025, les organisations de défense des droits humains et les mécanismes internationaux ont alerté sur une augmentation considérable du nombre d’exécutions.
Les membres des minorités ethniques, et particulièrement les Baloutches et les Kurdes, continuent d’être représentés de manière disproportionnée parmi les personnes exécutées dans certaines catégories d’affaires.
Les femmes appartenant à des minorités et vivant dans des situations économiques précaires peuvent être exposées à plusieurs formes simultanées de vulnérabilité : discrimination fondée sur le genre, marginalisation socio-économique, appartenance à une minorité et accès limité à une défense juridique effective.
L’ASIP rappelle que le droit à la vie constitue l’un des droits fondamentaux consacrés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Iran est partie.
Dans les États qui maintiennent encore la peine capitale, le droit international impose des restrictions extrêmement strictes quant à son utilisation.
La peine de mort est irréversible. Elle exige donc le niveau le plus élevé de garanties judiciaires et ne devrait jamais être appliquée dans des circonstances où existent des doutes concernant l’équité de la procédure ou une discrimination dans l’accès aux moyens permettant d’éviter l’exécution.
L’ASIP demande aux autorités iraniennes de :
- suspendre immédiatement l’exécution de Goli Kouhkan ;
- commuer sa condamnation à mort ;
- garantir pleinement son accès à un avocat indépendant et à toutes les voies de recours disponibles ;
- veiller à ce que sa situation économique et son appartenance à la communauté baloutche ne puissent entraîner aucune discrimination dans le traitement de son affaire ;
- suspendre l’ensemble des exécutions et instaurer un moratoire national sur la peine de mort ;
- engager un processus conduisant à l’abolition définitive de la peine capitale.
L’ASIP appelle également les mécanismes des Nations Unies, les gouvernements, les organisations internationales et la société civile à intervenir de toute urgence auprès des autorités iraniennes afin d’empêcher cette exécution.
Nous demandons particulièrement que la situation des femmes condamnées à mort en Iran fasse l’objet d’une attention internationale accrue.
La pauvreté ne doit jamais devenir une condamnation à mort.
L’origine ethnique ne doit jamais diminuer les chances d’une personne d’obtenir justice.
Et aucun système judiciaire ne devrait accepter que la capacité financière d’une famille détermine si une personne vivra ou mourra.
L’ASIP réaffirme son opposition à toutes les exécutions et appelle une nouvelle fois la République islamique d’Iran à rejoindre le mouvement mondial vers l’abolition de la peine capitale.
Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse
