28 novembre 2025
À l’occasion de la 18e session du Forum des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités, tenue les 27 et 28 novembre 2025 au Palais des Nations à Genève, l’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) réaffirme que la protection des minorités et leur participation effective à la vie publique constituent des conditions essentielles pour construire des sociétés pacifiques, inclusives et résilientes.
Le thème de cette session, consacré à la contribution des minorités à des sociétés diverses, résilientes et pacifiques, rappelle une réalité trop souvent négligée : les minorités ne doivent pas être considérées uniquement comme des populations ayant besoin de protection. Elles sont également des acteurs essentiels du développement économique, social, culturel et politique de leurs sociétés.
Partout dans le monde, les personnes appartenant à des minorités nationales, ethniques, religieuses et linguistiques continuent pourtant de faire face à la discrimination, à l’exclusion politique, aux restrictions de leurs droits culturels et linguistiques, ainsi qu’à différentes formes de violence.
Dans les situations de conflit ou de transition politique, ces vulnérabilités peuvent être considérablement aggravées.
Les événements récents au Moyen-Orient en fournissent plusieurs exemples préoccupants.
En Syrie, les violences survenues en 2025 ont particulièrement affecté certaines communautés religieuses et ethniques. Les massacres et violations signalés dans les régions côtières à majorité alaouite, puis les violences contre la communauté druze à Soueïda, ont démontré les risques auxquels sont exposées les minorités lorsque les institutions étatiques ne parviennent pas à assurer une protection égale à l’ensemble de la population.
Des enlèvements, disparitions et violences visant notamment des femmes et des filles alaouites ont également été signalés.
Dans une Syrie en transition, la reconnaissance de la diversité du pays et la participation de toutes ses composantes aux institutions politiques sont indispensables pour éviter la répétition des conflits du passé.
Les Kurdes, les Druzes, les Alaouites, les chrétiens, les Yézidis ainsi que toutes les autres communautés doivent pouvoir participer librement à la définition de l’avenir politique, constitutionnel et institutionnel du pays.
En Iran également, les minorités ethniques et religieuses continuent de rencontrer des difficultés particulières.
Les Kurdes, les Baloutches, les Arabes ahwazis, les bahaïs et d’autres communautés sont confrontés à différentes formes de discrimination et, dans certains cas, à une répression disproportionnée.
La situation des minorités dans le système judiciaire iranien mérite une attention particulière. Les informations disponibles montrent notamment une surreprésentation de certaines communautés parmi les personnes condamnées à mort ou exécutées.
La protection des minorités ne peut cependant se limiter à la prévention des violences physiques.
Elle exige également le respect du droit à l’identité, à la langue, à la culture, à la religion ou à la conviction, ainsi qu’une participation réelle à la vie politique et aux décisions qui affectent directement les communautés concernées.
L’ASIP considère que la diversité linguistique et culturelle constitue une richesse et non une menace pour l’intégrité d’un État.
Permettre aux enfants d’apprendre leur langue maternelle, préserver le patrimoine culturel des communautés et garantir la liberté de pratiquer une religion ou une conviction sont des facteurs de cohésion sociale.
À l’inverse, les politiques d’assimilation forcée, l’exclusion et la discrimination peuvent renforcer la méfiance envers les institutions et alimenter des tensions durables.
La participation constitue également une dimension fondamentale de la protection des minorités.
Les décisions concernant l’avenir d’une population ne devraient pas être prises sans elle.
Cette exigence devient particulièrement importante dans les processus de paix, les transitions politiques, la rédaction des constitutions et les mécanismes de justice transitionnelle.
L’un des thèmes examinés lors du Forum des Nations Unies de 2025 concernait précisément l’amplification de la voix des minorités dans la consolidation de la paix, la responsabilité et la justice transitionnelle.
L’ASIP appelle les États et la communauté internationale à :
- garantir l’égalité devant la loi et lutter contre toutes les formes de discrimination fondées sur l’origine ethnique, la langue, la religion ou l’identité ;
- protéger les personnes appartenant aux minorités contre les violences, les discours de haine et les représailles collectives ;
- garantir la participation significative des représentants des minorités aux processus politiques et institutionnels ;
- reconnaître et protéger les droits linguistiques, culturels et religieux ;
- assurer un accès égal à l’éducation, à la santé, à l’emploi, à la justice et aux services publics ;
- documenter les violations commises contre les communautés minoritaires et traduire les responsables en justice ;
- associer directement les minorités aux processus de paix, de justice transitionnelle et de reconstruction ;
- soutenir les organisations de la société civile qui défendent les droits des communautés marginalisées.
La paix durable ne peut être imposée du sommet vers la base.
Elle doit être construite avec les populations concernées et reposer sur la confiance entre les citoyens et les institutions.
Lorsqu’une communauté se sent reconnue, protégée et représentée, elle devient un acteur de stabilité et de développement.
Lorsque ses membres sont marginalisés, discriminés ou privés de toute possibilité de participer à leur propre avenir, les tensions risquent au contraire de s’aggraver.
L’Association Solidarité Internationale pour la Paix réaffirme ainsi que la protection des droits des minorités n’est pas une question périphérique.
Elle constitue l’un des fondements de la prévention des conflits et de la construction d’une paix juste et durable.
Une société véritablement pacifique est une société dans laquelle personne n’est obligé de choisir entre son identité et sa citoyenneté.
Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse
