5 juillet 2025

Les douze jours d’affrontements militaires qui ont touché l’Iran et Israël en juin 2025 ont une nouvelle fois démontré le prix humain considérable que les populations civiles paient lorsque les voies diplomatiques cèdent la place à la confrontation armée.

Entre le 13 et le 24 juin 2025, des frappes israéliennes ont visé le territoire iranien et l’Iran a répondu par des attaques contre Israël. Des civils ont été tués et blessés dans les deux pays, tandis que des habitations et plusieurs infrastructures civiles ont été endommagées. Les Nations Unies ont notamment relevé des dommages touchant des bâtiments résidentiels ainsi que des infrastructures médicales, hydrauliques et énergétiques.

L’Association Solidarité Internationale pour la Paix (ASIP) rappelle que la population civile ne doit jamais être considérée comme un instrument de pression militaire ou politique. Toutes les parties à un conflit sont tenues de respecter les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution prévus par le droit international humanitaire.

Mais une autre évolution est devenue particulièrement préoccupante dans les jours ayant suivi les hostilités : le renforcement de la répression à l’intérieur de l’Iran.

Des informations concordantes ont fait état d’arrestations massives, d’un déploiement accru des forces de sécurité, d’exécutions et de poursuites pour des infractions liées à la sécurité nationale ou à des accusations d’espionnage. Des régions habitées par des minorités, notamment les régions kurdes, ont été particulièrement affectées par ce durcissement sécuritaire.

Le 3 juillet 2025, plusieurs titulaires de mandat des procédures spéciales des Nations Unies ont officiellement fait part de leurs préoccupations concernant les violations des droits humains et la répression généralisée signalées en Iran depuis le début des hostilités du 13 juin et après le cessez-le-feu. Leur communication portait notamment sur les disparitions, les exécutions, les droits des minorités, la torture, la liberté d’expression, les défenseurs des droits humains, l’indépendance des avocats ainsi que les droits des femmes et des filles.

Cette évolution doit être prise très au sérieux.

Une guerre extérieure ne saurait justifier l’arrestation arbitraire de citoyens, la suppression de la liberté d’expression, la torture, des procès dépourvus de garanties fondamentales ou l’utilisation accélérée de la peine capitale. La protection de la sécurité nationale demeure soumise aux obligations internationales de l’État en matière de droits humains.

La situation est d’autant plus préoccupante que le recours à la peine de mort était déjà en forte augmentation. Selon un rapport du Secrétaire général des Nations Unies, au moins 612 personnes avaient été exécutées en Iran entre janvier et juin 2025, soit une augmentation de 119 % par rapport à la même période de 2024.

Les minorités ethniques et religieuses méritent à cet égard une vigilance particulière. Les Kurdes, les Baloutches, les Arabes ahwazis, les bahaïs et d’autres communautés ont été confrontés pendant de nombreuses années à différentes formes de discrimination, de marginalisation ou de répression. Les périodes de crise sécuritaire ne doivent pas renforcer ces inégalités.

L’ASIP appelle les autorités iraniennes à :

respecter pleinement les garanties d’un procès équitable et l’accès à un avocat indépendant ; mettre fin aux détentions arbitraires, aux disparitions forcées et à toute forme de torture ou de mauvais traitement ; garantir la liberté d’expression et protéger les défenseurs des droits humains, les journalistes et les avocats ; assurer une protection égale aux membres des minorités ; suspendre les exécutions et instaurer un moratoire sur la peine capitale.

Dans le même temps, l’ASIP appelle tous les États impliqués dans des opérations militaires à respecter scrupuleusement le droit international et à protéger les civils et les infrastructures civiles.

Les populations iranienne et israélienne ont droit à la sécurité. Mais la sécurité ne peut être construite sur une succession de guerres, d’exécutions, d’arrestations arbitraires et de peur.

La seule voie durable est celle de la diplomatie, du respect du droit international, de la protection des droits fondamentaux et d’une paix qui place la population civile au centre des décisions.

Association Solidarité Internationale pour la Paix – ASIP
Genève, Suisse